Google contre SerpApi : Un tournant dans le scraping de la SERP
Points clés :
- Google accuse SerpApi de violation du DMCA et des conditions d’utilisation, qualifiant leur modèle de « parasite ».
- Le scraping de SerpApi aurait crû de 25 000 % en deux ans, générant des centaines de millions de requêtes par jour.
- L’entreprise est suspectée de contourner les sécurités (CAPTCHAs, SearchGuard) via des proxys pour s’accaparer du contenu sous licence.
- Les dommages réclamés pourraient dépasser les moyens financiers de SerpApi, menaçant son existence.
Un modèle économique controversé
Google n’y va pas de main morte et qualifie le modèle économique de SerpApi de « parasite ». Selon Google, SerpApi exploite les investissements colossaux de Google pour organiser l’information mondiale, sans aucune contribution en retour à l’écosystème. Contrairement aux indexeurs qui respectent les directives robots.txt, SerpApi est accusé de s’approprier l’intégralité du contenu des pages de résultats, y compris les données en temps réel et les images des Knowledge Panels souvent sous licence.
Contournement des sécurités et infractions au DMCA
Au centre de l’accusation se trouve la technique de récupération des données. Google prétend que SerpApi génère des centaines de millions de requêtes « fausses » conçues pour simuler des comportements humains afin de tromper les systèmes de détection tels que les CAPTCHAs.
Grâce à l’utilisation de proxys pour masquer son identité et contourner la protection SearchGuard, SerpApi violerait la section 1201 du DMCA (Digital Millennium Copyright Act), qui interdit de contourner les mesures de contrôle d’accès. En plus, Google accuse SerpApi de commercialiser cet accès comme une « API Google Search » officielle, ce qui est trompeur car une telle API publique n’existe pas.
Une montée en puissance du scraping
Parmi les révélations les plus saisissantes de la plainte figure l’ampleur industrielle de l’opération. Google estime que le volume de requêtes envoyées par SerpApi a crû de 25 000 % au cours des deux dernières années. Cette surcharge impose une charge technique significative aux infrastructures de Google, obligé de gérer des centaines de millions de requêtes automatisées chaque jour. Ce scraping massif ne se limite pas aux simples liens, mais inclut la revente de données structurées et de contenu protégé, sans respect des droits des sites d’origine.
Des répercussions financières potentiellement désastreuses
Le dénouement de ce procès pourrait sceller le sort de SerpApi. Google réclame non seulement le remboursement des bénéfices perçus indûment, mais aussi des dommages qui pourraient aller de 200 à 2 500 dollars par violation. Avec des milliards de requêtes concernées, le total pourrait largement dépasser le chiffre d’affaires annuel de SerpApi, estimé à quelques millions de dollars. Google précise que SerpApi ne pourrait probablement pas s’acquitter de la somme due, suggérant que le but est avant tout de stopper définitivement ces activités.
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