L’Union européenne sur le point d’infliger à Google sa plus lourde sanction en vertu du DMA
L’Union européenne s’apprête à infliger à Google une amende record dans le cadre du Digital Markets Act (DMA), marquant un tournant dans la régulation des géants du numérique. Selon le journal allemand Handelsblatt, la Commission européenne finalise une décision attendue avant l’été 2026, pouvant atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. Le cœur du litige repose sur le “self-preferencing”, une pratique par laquelle Google favoriserait ses propres services — tels que Google Shopping, Maps ou Flights — au détriment de ses concurrents dans ses résultats de recherche.
L’enquête, ouverte officiellement en mars 2025, vise à garantir une concurrence équitable sur le marché numérique européen. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a souligné que l’objectif principal reste la conformité de Google au DMA, plutôt qu’une sanction purement financière. Toutefois, Bruxelles s’estime prête à avancer rapidement si les ajustements proposés par l’entreprise demeurent insuffisants. Google a récemment obtenu un délai supplémentaire pour répondre aux critiques de la Commission, après qu’une première proposition de mise en conformité a été jugée incomplète.
Du côté de Mountain View, la riposte s’organise. Un porte-parole du groupe affirme que les changements exigés représentent “le plus grand recul de l’histoire du produit”, estimant que ces modifications nuisent à la qualité de l’expérience utilisateur européenne. Malgré ces réserves, Google affirme collaborer avec les autorités européennes et poursuit ses tests d’adaptation de son moteur de recherche.
Cette affaire s’inscrit dans un historique de sanctions lourdes infligées à Google par l’Union européenne, notamment 2,7 milliards d’euros en 2017 pour favoritisme envers Google Shopping et 3,5 milliards d’euros pour abus de position dominante dans la publicité programmatique. La nouvelle amende, première de cette ampleur sous le DMA, pourrait redéfinir la stratégie de conformité des grandes plateformes numériques et renforcer la capacité de l’UE à encadrer les géants de la tech.










