Google revoit sa stratégie : Les cookies tiers resteront en place
Après de nombreuses annonces et reports, Google a officiellement décidé de ne pas éliminer
les cookies tiers de son navigateur Chrome. Cette décision, influencée par des pressions économiques,
industrielles et juridiques, marque un tournant majeur dans la stratégie du géant technologique.
Analysons les implications de ce choix !
Points Clés :
- Google maintient les cookies tiers dans Chrome, en dépit de ses promesses antérieures.
- Les pressions de l’industrie, de l’économie et du droit ont largement façonné cette décision.
- Le projet Privacy Sandbox, proposé comme alternative, demeure inachevé et critiqué.
- Les utilisateurs devront continuer à gérer leur propre protection contre le suivi publicitaire.
Un Revirement de Stratégie Inattendu
Depuis 2020, Google promettait la suppression des cookies tiers dans Chrome pour apaiser les inquiétudes liées à la vie privée.
Le projet Privacy Sandbox devait remplacer ces traceurs tout en soutenant le ciblage publicitaire, crucial pour
le financement du web gratuit. Cependant, après des années de développements hésitants et de critiques, Google a finalement
annoncé qu’il abandonne cette initiative. Anthony Chavez, vice-président de Privacy Sandbox chez Google, a déclaré que le
groupe a décidé de « maintenir [son] approche actuelle », permettant aux utilisateurs de choisir d’accepter ou non
les cookies tiers dans les paramètres de Chrome.
Pressions Économiques et Judiciaires
Pour comprendre ce retournement, il est crucial de reconnaître le contexte économique et judiciaire entourant cette décision.
Google est confronté à plusieurs poursuites pour abus de position dominante dans la publicité en ligne, aux États-Unis et au
Royaume-Uni. Le 16 avril 2025, une action collective au Royaume-Uni a dénoncé la surévaluation des prix publicitaires par
Google Search. Le lendemain, Google a perdu un procès important contre le ministère de la Justice américain,
qui pourrait
l’obliger à restructurer certaines de ses activités publicitaires. En outre, des accusations de maintien de sa domination
dans les secteurs de la recherche et de l’intelligence artificielle pourraient entraîner la vente de Chrome.
La suppression des cookies tiers aurait encore accentué la dépendance de l’écosystème publicitaire à Google, renforçant ses
technologies propriétaires de Privacy Sandbox, une décision politiquement intenable alors que l’entreprise est déjà sous pression
pour sa compétition équitable.
Privacy Sandbox : Une Ambition Enrayée
Conçu comme une alternative plus respectueuse de la vie privée, le projet Privacy Sandbox n’a pas réussi à convaincre.
En théorie, il propose des API pour cibler des groupes d’utilisateurs plutôt que des individus. En pratique, les premiers tests ont
révélé des problèmes de transparence et de complexité, certains estimant que son implémentation pourrait être aussi intrusive que
les technologies qu’elle prétend remplacer. En juillet 2024, Google avait déjà annoncé que les utilisateurs pourraient activer ou non
Privacy Sandbox, et aujourd’hui, avec la décision de maintenir les cookies tiers, ce projet semble davantage être une simple option.
Conséquences pour l’Écosystème Web
Pour les utilisateurs de Chrome, cette décision n’apporte pas de changements majeurs : les cookies tiers peuvent toujours être activés
ou désactivés manuellement. Cependant, sans mesures structurelles, le suivi publicitaire individuel par des tiers reste omniprésent.
Les utilisateurs vigilants pourront se protéger en configurant leur navigateur ou en utilisant des extensions de blocage de traqueurs.
D’autres pourraient migrer vers des navigateurs plus respectueux de la vie privée comme Firefox, Brave ou Tor Browser.
Pour les éditeurs et annonceurs, c’est un soulagement : les revenus publicitaires ne sont pas menacés à court terme, bien que
la régulation stricte, notamment en Europe avec le RGPD, persiste.
Une Décision Illustrant les Tensions Actuelles
Ce revirement de Google illustre la difficulté de trouver un équilibre entre innovation technologique, impératifs économiques et
protection des données personnelles. Supprimer les cookies tiers sans alternative viable aurait affaibli des pans entiers du web actuel.
En revanche, maintenir ces outils prolonge une collecte massive de données qui suscite la méfiance. Google tente de ménager la chèvre
et le chou : il conserve les cookies pour stabiliser le marché, tout en promettant de « travailler avec l’industrie » pour améliorer les
pratiques via Privacy Sandbox.
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