En bref
- Les liens des résultats Google passent désormais par une redirection google.com/goto, confirmée par le moteur de recherche.
- Pour l’internaute, rien ne change : la page de destination reste la même.
- Pour les outils de suivi SEO, la collecte des données devient plus complexe et les relevés peuvent être instables.
- Le déploiement semble encore partiel : navigation privée et sessions déconnectées sont les plus concernées.
- Les référenceurs doivent surveiller la fiabilité de leurs relevés et anticiper d’éventuelles hausses tarifaires.
Sommaire
- Google remplace les liens directs par des redirections google.com/goto
- Pourquoi Google verrouille l’accès à ses résultats
- Quelles conséquences pour le suivi de positions ?
- Comment fiabiliser ses relevés SEO pendant la transition
- Ce que cela change pour la mesure d’audience
- Ce que les TPE/PME doivent retenir
Depuis quelques jours, les liens affichés dans les résultats de Google ne pointent plus directement vers les sites. Au survol d’un résultat, l’adresse affichée par le navigateur prend la forme google.com/goto, suivie d’un identifiant encodé. Le clic déclenche une redirection côté serveur qui conduit l’internaute vers la page réelle. Pour l’utilisateur, le changement est imperceptible. Pour les professionnels du SEO et les outils qui interrogent les résultats à grande échelle, il complique en revanche sérieusement la collecte des données.
Google remplace les liens directs par des redirections google.com/goto
Un changement invisible pour l’internaute
Visuellement, la page de résultats ne change pas. La différence apparaît au survol : l’URL affichée en bas du navigateur n’est plus celle du site de destination, mais une adresse google.com/goto associée à un identifiant encodé. Le clic déclenche ensuite une redirection côté serveur vers la page réelle. L’expérience de navigation reste donc identique, et la page d’arrivée demeure celle que l’internaute a choisie.
Un déploiement confirmé, encore en cours
Google testait ce mécanisme depuis juillet 2026 sur une partie des résultats. Sa généralisation a été documentée le 26 août par Search Engine Roundtable. Interrogé par le site américain, un porte-parole de Google a confirmé le déploiement sans livrer de détails techniques, évoquant « des mesures techniques contre les formes d’abus en constante évolution ».
Selon les observations de Derek Perkins, de la société Nozzle, le déploiement serait proche de 100 % chez plusieurs fournisseurs d’adresses IP résidentielles. La redirection est également visible depuis la France, sur google.com, vers lequel les recherches lancées depuis google.fr sont renvoyées. Les tests réalisés par BDM montrent toutefois qu’elle ne se déclenche pas dans toutes les configurations : la navigation privée et la navigation non connectée semblent avoir été servies en premier, tandis que les liens directs restent privilégiés dans une session connectée. Le déploiement paraît donc encore en cours, plutôt que généralisé à l’ensemble des configurations.
Pourquoi Google verrouille l’accès à ses résultats
Freiner l’extraction automatisée et les moteurs IA
L’objectif prêté au dispositif est de freiner l’extraction automatisée des résultats par les outils tiers et par les moteurs d’intelligence artificielle. Les liens goto ne sont en effet pas décodables côté client : un outil qui veut reconstituer les URL de destination doit suivre chaque redirection une par une, alors qu’une page de résultats peut en compter plusieurs centaines.
La différence de traitement entre sessions connectées et non connectées semble cohérente avec cet objectif. Une session déconnectée et sans historique présente davantage de signaux communs avec un outil automatisé qu’avec un internaute identifié.
La continuité avec la fin du paramètre num=100
Google resserre l’accès automatisé à ses pages de résultats depuis plus d’un an. En septembre 2025, le moteur a retiré le paramètre num=100, qui permettait d’afficher cent résultats sur une seule page. La mesure avait alourdi les coûts d’infrastructure des outils SEO, fragmenté le suivi des positions et déstabilisé les relevés. La redirection google.com/goto s’inscrit dans la même logique de verrouillage progressif.
Le volet judiciaire : l’affaire SerpApi
Le terrain judiciaire suit la même trajectoire. Google a poursuivi SerpApi en décembre 2025 pour l’extraction et la revente de ses résultats. La justice fédérale américaine a rejeté la plainte en juillet 2026, estimant que des résultats dépourvus de contenu protégé ne relèvent pas du droit d’auteur. Le moteur de recherche a depuis déposé une plainte modifiée.
Quelles conséquences pour le suivi de positions ?
Les outils de suivi de position sont les premiers concernés. Le temps que leurs éditeurs adaptent leur infrastructure, les relevés peuvent devenir incomplets ou instables. Concrètement, cela peut se traduire par :
- des variations de positions qui reflètent un problème de collecte plutôt qu’une évolution réelle du classement ;
- une perte de comparabilité des données historiques si la méthode de collecte change en cours de route ;
- une hausse des coûts d’infrastructure pour les éditeurs, avec un possible report sur les abonnements.
Comment fiabiliser ses relevés SEO pendant la transition
Trois réflexes limitent le risque de mauvaise interprétation :
- Comparer les relevés des jours précédents avec ceux des jours suivants, pour isoler une éventuelle rupture de série.
- Interroger son fournisseur sur l’état de sa collecte, plutôt que d’attribuer une anomalie à une mise à jour d’algorithme.
- Anticiper une hausse tarifaire : le précédent du num=100 a montré que le surcoût technique se répercute sur les abonnements.
Au-delà de ces réflexes, il peut être utile de diversifier ses sources de données. La Google Search Console fournit des données de première main sur les impressions et les clics, indépendantes des outils de suivi tiers. Pour les entreprises qui souhaitent faire le point sur leur visibilité, un audit SEO permet d’identifier les priorités au-delà des fluctuations de positions.
Ce que cela change pour la mesure d’audience
Pour la mesure d’audience, il faut prendre en compte que les clics transitent désormais par une URL Google avant d’atteindre le site. À ce stade, aucun effet sur les données de référent n’a été rapporté. Les outils d’analyse devraient donc continuer à attribuer correctement le trafic, mais il convient de rester attentif à d’éventuelles évolutions dans les prochaines semaines.
Ce que les TPE/PME doivent retenir
Pour la plupart des TPE/PME, l’impact immédiat sera probablement limité. Celles qui suivent leurs positions via des outils dédiés doivent néanmoins rester vigilantes : une variation soudaine de classement n’est pas nécessairement le signe d’une pénalité ou d’une mise à jour d’algorithme. Elle peut simplement traduire une difficulté technique de collecte chez l’éditeur de l’outil.
Ce changement s’inscrit dans une tendance de fond : Google restreint progressivement l’accès automatisé à ses résultats. Les professionnels du référencement ont tout intérêt à diversifier leurs sources de mesure, à privilégier les données de première main comme la Google Search Console et à ne pas surinterpréter les fluctuations temporaires. La fiabilité des données, plus encore que leur volume, devient l’enjeu central de l’analyse SEO.
