Google poursuivi pour une fausse synthèse générée par l’IA au sujet d’un musicien selon sejournal, MattGSouthern
Le violoniste canadien Ashley MacIsaac poursuit Google après qu’une synthèse générée par l’intelligence artificielle l’a faussement présenté comme délinquant sexuel. La plainte, déposée devant la Cour supérieure de l’Ontario, réclame 1,5 million de dollars en dommages et intérêts et soulève une question cruciale : jusqu’où va la responsabilité de Google dans la diffusion de contenus erronés produits par ses outils d’IA ?
MacIsaac, lauréat d’un prix Juno, affirme avoir découvert la fausse information après l’annulation d’un concert par la Première Nation Sipekne’katik, qui s’était appuyée sur la synthèse AI avant de s’excuser publiquement. Selon les documents judiciaires, le résumé incriminé attribuait à tort au musicien plusieurs condamnations graves et une inscription au registre national des délinquants sexuels. La poursuite soutient que Google savait, ou aurait dû savoir, que cette technologie pouvait produire des résultats inexacts et diffamatoires.
L’affaire met en lumière un nouveau défi juridique pour les géants du numérique : la responsabilité des contenus générés automatiquement. MacIsaac reproche à Google de ne pas avoir reconnu ni corrigé publiquement l’erreur. L’entreprise a déclaré que ses synthèses AI sont dynamiques et en constante évolution, tout en admettant que certaines interprétations peuvent être inexactes. Depuis, le contenu fautif a été retiré.
Ce cas résonne avec d’autres controverses liées à l’IA, notamment lorsque ChatGPT avait accusé à tort un maire australien de corruption. Ces affaires soulignent les risques de diffamation et les limites des systèmes automatisés d’interprétation de données. En toile de fond, se pose une question majeure pour l’avenir du numérique : les plateformes d’intelligence artificielle doivent-elles assumer la même responsabilité qu’un porte-parole humain lorsqu’elles diffusent des informations fausses ? L’issue de cette poursuite pourrait définir un précédent juridique sur la responsabilité des entreprises technologiques face aux erreurs de leurs intelligences artificielles.










